Tutelle mariste France - Marcellin champagnat à Lyon

ÉDITO

Semaine Sainte

En cette Semaine Sainte, temps de gravité et d’espérance mêlées, nos regards se tournent vers le cœur du mystère chrétien : un Dieu qui rejoint l’humanité jusque dans ses blessures, ses fragilités et ses ténèbres, pour y faire jaillir la vie.

C’est dans ce contexte que résonnent avec une particulière acuité les paroles du pape Léon XIV appelant à défendre l’enseignement catholique. Lucide face aux « temps difficiles » que traverse l’Église, marqués notamment par les révélations douloureuses d’abus dans certains établissements, il reconnaît un « contexte d’hostilité croissante ». Ces réalités ne peuvent ni être ignorées ni minimisées. Elles appellent vérité, justice et conversion.

Mais elles ne doivent pas non plus conduire au découragement.

Le Saint-Père nous invite au contraire à persévérer avec détermination, en veillant à préserver ce qui fait la raison d’être de l’enseignement catholique : sa dimension chrétienne. Non pas comme une étiquette ou un héritage culturel figé, mais comme une source vivante, capable d’éclairer, d’accompagner et de transformer les personnes.

Car, au cœur même des fragilités de notre temps, des signes d’espérance sont bien visibles. La croissance continue du nombre de catéchumènes en France en est un témoignage fort. Après des années de recul, voir près de 20 000 adultes et jeunes demander le baptême en 2026 révèle une soif spirituelle profonde, parfois silencieuse, mais bien réelle. Dieu continue de travailler les cœurs.

C’est précisément là que notre mission éducative prend tout son sens.

Dans la tradition des Frères Maristes, nous sommes appelés à porter un projet d’éducation chrétienne qui ne se contente pas d’enseigner, mais qui incarne.

Incarner un regard : celui du Christ, qui accueille sans exclure.

Incarner une présence : attentive aux plus fragiles, aux parcours cabossés, aux souffrances souvent invisibles.

Incarner une espérance : celle qui croit que chacun peut grandir, se relever, trouver sa place.

Et, à la suite de Champagnat, nous sommes invités à éduquer à la manière de Marie : avec simplicité, discrétion et constance ; avec une attention délicate à chacun ; avec cette capacité unique d’être présents sans s’imposer, d’accompagner sans juger, de faire grandir dans la confiance. Marie nous apprend une pédagogie du cœur, faite de douceur, de patience et de fidélité, où chacun peut se sentir accueilli et reconnu.

Notre monde éducatif est traversé par des tensions, des doutes, des blessures. Mais il est aussi habité par des visages, des histoires, des élans de vie. C’est là, dans ce réel parfois complexe, que nous sommes envoyés.

Éduquer à la manière de l’Évangile, et à la manière de Marie, c’est aussi répondre à la violence du monde et de nos société par une culture de paix, patiemment construite dans les relations quotidiennes. C’est affirmer que toute personne est digne d’être accueillie, soutenue et relevée. C’est croire que, malgré les failles humaines, le pardon et la miséricorde restent possibles. C’est témoigner, humblement mais fermement, que Jésus Christ n’est pas une idée du passé, mais une présence qui transforme aujourd’hui encore.

En cette Semaine Sainte, nous sommes invités à :

passer de l’épreuve à la confiance, de la fragilité à la relation, de la nuit à la lumière.

Que nos établissements soient des lieux où l’on apprend non seulement à savoir, mais à vivre, à aimer et à espérer.

Car au matin de Pâques, une certitude nous est donnée : la Vie a le dernier mot.

Fraternellement,

Julien Monghal,

Délégué à la Tutelle mariste

Actualités